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Vins Saint-Estèphe

L'appellation Saint-Estèphe est située en bordure de l'estuaire de la Gironde, à environ 50 km au Nord de Bordeaux et fait partie de la région du Médoc. Sa situation entre la mer et l'estuaire lui permet de bénéficier d'un microclimat exceptionnel. Ce vignoble, dont l'existence remonte à l'époque romaine, est aujourd'hui un modèle d'innovation. Voir plus

Les suggestions de l'équipe Twil dans l'appellation Saint-Estèphe

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L'appellation Saint-Estèphe

Saint-Estèphe est une appellation historique aux cinq crus classés


C'est vers 300 av. J.C. que la culture du vin apparaît dans la région du Médoc. La prospérité des vignobles de Saint-Estèphe est en grande partie liée aux commerçants anglais, en quête de bonsvins bordelais, qui viennent au Moyen-Âge s'approvisionner dans la région. Au XVIIe siècle, les terres marécageuses sont drainées et asséchées, ce qui permet d'agrandir encore les surfaces cultivables. C'est Henri IV qui entreprend ces travaux dans les marais de la région, et il engage pour ce faire, des experts hollandais.

À cette époque, la commune est encore nommée Saint-Estève de Calones et de nombreux échanges commerciaux ont déjà lieu sur ses rives. Elle offre une halte bienvenue aux pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. Leur passage attire de nombreux commerçants et favorise les échanges. La « Foire de la Chapelle », qui date de cette époque et est toujours célébrée à l'heure actuelle, en témoigne. Au XVIIIe siècle, les marchands anglais contribuent grandement au commerce des vins et à leur prospérité.

Mais les vignobles de Saint-Estèphe atteignent réellement leur apogée au XIXe siècle, avec la construction de grands châteaux et de vastes vignobles. Saint-Estèphe compte aujourd'hui cinq crus classés au classement de 1855. L'appellation d'origine contrôlée a été reconnue par décret le 14 novembre 1936.

Saint-Estèphe dispose d'un microclimat idéal pour la vigne


L'aire d'appellation s'étend sur la rive gauche de l'estuaire de la Gironde sur une bande de sept kilomètres de long. Cinq hameaux la définissent : Marbuzet, Blanquet, Pez, Leyssac et Saint-Corbian. Les vignes sont situées sur un plateau qui domine la Gironde et jouxte Pauillac.

Le sol est composé de graves argileuses, et de calcaires. L’argile sableuse est mêlée à des graviers, des galets et du sable, l'ensemble permettant un bon drainage, la vigne peut ainsi s'enraciner en profondeur, parfois jusqu'à cinq mètres. Les croupes favorisent l'écoulement des eaux de ruissellement vers les marais, puis vers les petits ruisseaux qui se déversent dans la Gironde. La proximité de l'estuaire protège les plantations et assure une régulation thermique annuelle optimale pour les vignobles.

Avec une surface de 1230 hectares, ils produisent chaque année 59.000 hectolitres par an de vin rouge.

Saint-Estèphe produit des vins rouges au caractère incisif


Les vins de Saint-Estèphe, proches de l'appellation Pauillac, expriment pourtant un caractère bien différent. L'assemblage est composé de cabernet, sauvignon et franc, carmenère, merlot, malbec et petit verdot. La robe est rubis, avec des reflets violet et pourpre. Le nez s'ouvre sur des notes de fruits rouges et noirs, comme le cassis et la groseille, puis il développe des saveurs florales de violette, d'élevage, de torréfaction, d'épices, de réglisse, c'est un nez très vif !

En bouche, la matière est dense, avec un côté incisif, les tanins sont fins, profonds et se fondent dans la matière. La finale est très longue. Le potentiel de garde peut atteindre jusqu'à 30 ans, selon les années. Ce vin rouge, qui possède un caractère affirmé, fait merveille avec des plats très typés comme les gibiers, et particulièrement les gibiers à plume. Il est recommandé de le servir à 16°.

2005 est le cru du millénaire pour Saint-Estèphe


L'appellation Saint-Estèphe compte un grand nombre de millésimes prestigieux. Au cours des dernières décennies, 2000 et 2009 sont considérées comme des millésimes exceptionnels. Mais le dernier millésime du siècle en date pour l'AOC est l'année 1990. Enfin, consécration ultime, 2005 est sacrée cru du millénaire.

Trois grands crus classés en 1855 au sein de l'appellation Saint-Estèphe

Le Château Montrose

C'est Etienne Théodore Dumoulin, dont le père avait acheté la propriété à la famille de Ségur en 1778, qui défriche la colline sur la propriété en 1815, et donne ainsi naissance au vignoble. En 1850, il s'étend sur 50 hectares. Cinq années plus tard, le vin de la propriété est classé 2e grand cru au classement de 1855. Le domaine est racheté par Mathieu Dollfus, en 1861, qui améliore encore les outils de production du vignoble.

Puis, il devient la propriété de la famille Charmolüe en 1896 et enfin il est racheté par ses propriétaires actuels, Martin et Olivier Bouygues, en 2006. Le domaine s'étend aujourd'hui sur 95 hectares. La production du vin est désormais aux mains de Jean-Bernard Delmas, qui met tout en œuvre pour produire des vins d'exception.

Le Cos d’Estournel

En 1791, le marquis d’Estournel hérite de la propriété familiale. Elle est située au Sud de Saint-Estèphe. Il fait construire en 1830 des chais désormais célèbres, ornés de pagodes chinoises et d'une porte venue des Indes. Il entretient des relations commerciales avec l'Orient, et fait bénéficier certaines de ses bouteilles d'un aller-retour vers les Indes, elles étaient alors nommées « Retour des Indes ».

Passionné par la culture de la vigne, il y met tout son cœur, toutes ses possessions, et voit son travail récompensé en 1855 par une position de 2e grand cru. Endetté, il doit se séparer de sa propriété en 1852 et la vend à un banquier de Londres. Le domaine est aujourd'hui aux mains de l'industriel Michel Reybier, industriel, dans les années 2000. Il produit « Les Pagodes de Cos », un très grand vin. Mais également, un « Cos d'Estournel blanc » depuis 2005.

Le château Calon-Ségur

Situé dans le Nord de l'appellation, le domaine couvre 93 hectares et comprend les vignes de Capbern-Gasqueton. Il a été classé 3e grand cru en 1855. La mention Ségur juxtaposée à Calon nous informe que le domaine a appartenu au « Prince des vignes », Nicolas-Alexandre de Ségur, également propriétaire des châteaux Lafite et Latour, ainsi désigné par le roi Louis XV. On lui attribue cette phrase : « Je fais du vin à Lafite et à Latour, mais mon cœur est à Calon ».

À la fin du XIXe siècle, le domaine est vendu à la famille Capbern-Gasqueton. L'encépagement est particulier, il est composé pour moitié de cabernet-sauvignon, puis de cabernet franc et dans une moindre mesure, de petit verdot. Sur son territoire vallonné, les vins qui y sont produits sont considérés comme étant parmi les plus puissants de l'AOC.