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Vins Haut-Médoc

L'appellation bordelaise Haut-Médoc est située au sud de l'appellation Médoc. Elle produit de très grands vins et compte notamment cinq domaines distingués dans le classement des grands crus de 1855, comme le château La Lagune ou Château La Tour Carnet. Voir plus sur Haut-Médoc

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L'appellation Haut-Médoc

Le vignoble du Haut-Médoc remonte à l'Antiquité


Dans l’Antiquité, le Haut-Médoc était limité par le territoire des Médullis et celui des Bituriges Vivisques, fondateurs de Burdigala, qui a par la suite donné naissance à la ville de Bordeaux. Le mariage d'Aliénor, duchesse d'Aquitaine et d'Henri Plantagenêt, futur roi d'Angleterre, en 1152, a contribué au développement des échanges commerciaux avec l’Angleterre, et de ce fait, à la notoriété des vins du Médoc. Les foyers viticoles médiévaux sont regroupés autour des structures ecclésiastiques et des tenants du droit de bourgeoisie de Bordeaux.

Dès le XVIe siècle, les nobles bordelais et locaux créent des châteaux viticoles dans la région. C'est à la demande de Napoléon III, dans le cadre de l'Exposition universelle de 1855, que le premier classement des vins du Médoc a été réalisé. Cinq grands crus classés sont installés sur les vignobles de l'appellation.

L'AOC (Appellation d'origine contrôlée) Haut-Médoc est ratifiée par le décret du 14 novembre 1936.

Le Haut-Médoc offre un festival de crus classés


Le Haut-Médoc est une AOC (Appellation d'origine contrôlée) et porte également le label européen AOP (Appellation d'origine protégée). Les vins rouges sont élaborés avec du cabernet-sauvignon, majoritairement associé avec du merlot. Dans ces communes viticoles, en un siècle, la part des vignes dans les exploitations est devenue majoritaire. La densité des vignes peut aller de 6500 à 10 000 pieds par hectare, avec une teneur minimum en sucre de 162 g/l de moût. Les rendements moyens sont compris entre 48 et 66 hectolitres par hectare.

L'appellation compte cinq grands crus classés en 1855 : le château La Lagune, le château La Tour Carnet, le château Belgrave, le château Cantemerle et le château de Camensac.

Le Haut-Médoc bénéficie de l'alliance d'un climat océanique et de sols argileux


Toute cette région bénéficie de conditions naturelles particulièrement propices à la culture de la vigne : des croupes de graves déposées par la Garonne, un climat océanique avec une douceur hivernale et une sécheresse modérée en été. Les sols de graves, légers, sont parfaitement adaptés à la culture du cabernet sauvignon. Les terroirs plus argileux, quant à eux, profitent aux merlots.

Les cépages figurant dans le cahier des charges de l'appellation sont le cabernet franc, le cabernet sauvignon, le carménère, le côt, le merlot, et le petit verdot. Le cabernet-sauvignon est majoritaire dans le vignoble du Médoc (de 30 à 85 % selon les propriétés), suivi par le merlot et plus marginalement le cabernet franc, le petit verdot et le côt.

Le rendement est fixé à un maximum de 55 hectolitres par hectare avec un rendement butoir fixé à 65 hectolitres par hectare. Ce sont donc environ 220.000 hl/an qui sont produits dans les 4800 ha de vignobles de l'appellation. L'appellation comprend six appellations communales fameuses : Margaux, Moulis, Listrac, Saint-Julien, Pauillac et Saint-Estèphe.

Les vins du Haut-Médoc offrent un fort potentiel de garde


Jeunes, les vins du Haut-Médoc présentent des tanins puissants. Certains vins ne peuvent être dégustés avant plusieurs années. Ils offrent ensuite des associations aromatiques de fruits rouges. Un élevage en fûts de chêne leur confère des arômes de torréfaction et de cuir. Ce sont des vins à fort potentiel de garde, qui peuvent facilement être conservés de 5 à 30 ans (pour les grands millésimes).

Ils offrent, dans leur jeunesse, une robe avec des reflets grenat et violacés. Le nez est typé avec des notes qui rappellent les fruits rouges et noirs. Le deuxième nez révèle une saveur épicée et torréfiée qui évoque le moka, les fèves de cacao, avec un soupçon de vanille et de grillé.

En bouche, l’attaque est souple, la matière se révèle progressivement, le vin se dévoile petit à petit. Profonds et denses, les tanins sont bien présents, mais fins et bien intégrés à l’ensemble de la matière, la finale se distingue par des notes épicées.

Les Haut-Médoc peuvent être bus jeunes, mais ils doivent être carafés au moins deux heures avant de servir, à une température de 16 °C. En vieillissant la mâche deviendra encore plus soyeuse et délivrera des notes de pruneaux, de sous-bois, d’humus et parfois de truffe et de boîte à cigare.

Les vins de l'appellation s'accordent avec la viande rouge, la volaille, et font merveille avec le gibier et le fromage. Il peut accompagner une entrecôte à la Bordelaise avec des cèpes, tous types de grillades, mais aussi pourquoi pas, une caille aux raisins ou des aiguillettes de canard...

2009, millésime du siècle pour les Haut-Médoc


Les deux dernières décennies s'illustrent pour l'appellation Haut-Médoc par des millésimes remarquables. Elle peut s'enorgueillir de bons millésimes comme 2014 et 2017, et de grands millésimes, comme 2015 et 2018. Mais on compte pas moins de trois millésimes exceptionnels, 2005, 2010, 2016, et un millésime du siècle : 2009.

Des domaines de renommée internationale qui font la réputation du Haut-Médoc


Ces trois domaines classés comme grands crus de l'appellation Haut-Médoc en 1855 ont une réputation qui dépasse largement nos frontières.

Château La Lagune

Fondé au XVIIIe siècle, le domaine apparaît dans le classement des grands crus de 1855 en troisième position. Il est restauré en 1958 par Georges Brunet et est racheté par les champagnes Ayala en 1962. En 2000, le domaine est acquis par la famille Frey, et Caroline Frey, œnologue, prend la tête de l'exploitation en 2005 pour la moderniser et améliorer encore la qualité des vins produits par le domaine.

Château La Tour Carnet

Le château le plus ancien de l'appellation, il est érigé au XIIe siècle. Il connut des hôtes célèbres tels que Michel de Montaigne. Il est placé 4e au classement des grands crus de 1855. À cette époque, son vin est produit par la famille de Leutken. La crise du phylloxera plonge le domaine dans le déclin jusqu'à la fin des années 1970 où le domaine est racheté par Louis Lipschitz, un armateur girondin. Enfin, il est vendu à Bernard Magrez, son propriétaire actuel, en 1999. Il n'a cessé de l'agrandir depuis lors, faisant de son domaine le plus vaste cru classé du Médoc.

Le Château Belgrave

Pavillon de chasse de la famille Coutanceau au XVIIe siècle, le domaine prend de l'ampleur au XVIIIe siècle lors de la « fureur de planter ». Il est acquis par le négociant Bruno Devès en 1845, qui l'agrandit, construit les chais et les cuviers et choisit des sols de graves pour son vignoble. En 1855, le domaine est classé 5ème grand cru. La crise du phylloxera affecte durablement le domaine qui connaît une longue période de disette. Elle ne s'achèvera qu'en 2002, lorsque le vignoble est mis en fermage auprès de la société Consortium des Vins de Bordeaux et de la Gironde (C.V.B.G), elle-même rachetée en 2007 par le groupe Thiénot qui lui a rendu sa prospérité.