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Vins Bourgogne-Hautes-Côtes-de-Nuits

La dénomination géographique « Haute Côtes de Nuits » fait référence au vignoble installé à l’ouest de celui de la Côte d’Or. Étendu sur 21 communes, ce vignoble a su démontrer à chaque amateur sa capacité à produire des vins de qualité à partir des traditionnels cépages bourguignons. Voir plus sur Bourgogne-Hautes-Côtes-de-Nuits

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L'appellation Bourgogne-Hautes-Côtes-de-Nuits

Le vignoble des Hautes-Côtes-de-Nuits produit des vins de qualité


L’histoire viticole bourguignonne débute à l’époque Gallo-Romaine après la levée de l’interdiction de plantation des vignes en 281 ap JC. Au Moyen-Âge, les structures ecclésiastiques et la noblesse vont avoir un rôle majeur dans le développement économique du vignoble bourguignon. Ils vont d’ailleurs le commercialiser sous l’identité « vins de Beaune ». Jusqu’au XVe siècle, le duché bourguignon s’étend de Mâcon à Amsterdam, ce qui facilite grandement le commerce de ses vins.

Au XVIIIe siècle, le développement du négoce sur les villes de Beaune et de Nuits-Saint-Georges va donner une nouvelle impulsion au commerce des vins.

C’est au XIXe siècle que débute réellement l’histoire viticole des vins de Hautes Côtes de Nuits jusqu’alors en marge du développement économique. Réputé en 1180 pour leurs vins de qualité, la découverte du Gamay va inciter les vignerons à le planter à la place du Pinot Noir, jusqu’alors unique cépage bourguignon. L’implantation de ce cépage va conduire les producteurs des Hautes cotes à vinifier du vin de consommation ordinaire qui va se substituer aux vins méridionaux, lors de la crise phylloxérique. Ils vont ainsi connaitre une forte croissance en matière de superficie et d’économie. En 1878, le phylloxéra atteint les vignes de Bourgogne.

La reconstruction du vignoble débute en 1892 pour atteindre son apogée en 1910. Cependant la crise de la surproduction met à mal les vignobles dont la production est destinée à la consommation ordinaire. Face à cette constatation, les vignerons vont replanter du pinot noir, cépage des grands vins rouges de la côte. Cette démarche n’est pas suffisante pour qu’en 1930, le tribunal de Dijon leur autorise l’utilisation de l’appellation « Bourgogne » (reconnue officiellement par l’INAO en 1937) puisqu’à cette date le cépage majoritaire des hautes côtes est encore le Gamay. La crise économique n’arrange rien puisque les vins de cette zone géographique sont difficiles à vendre.

Il faudra ainsi attendre 1945 et Etienne Kayser pour voir renaître le vignoble des Hautes Côtes. Mr Kayser poursuit l’œuvre débutée en 1920 pour l’amélioration de la qualité des vins, la promotion de ceux-ci et la validation de la dénomination géographique « Hautes-Côtes de Nuits » en 1961.

C’est à l’heure actuelle un vignoble en vogue car il permet aux vignerons de la côte de s’agrandir, chose qui n’est plus possible sur les AOC de la côte arrivée à saturation. De plus, nombreux sont les amateurs à reconnaître la qualité de ses vins encore très abordables.

Les Hautes-Côtes-de-Nuits : même géologie que la côte mais climat différent


«Hautes Côtes de Nuits » est une dénomination géographique qu’il est possible d’adjoindre à l’AOC Bourgogne depuis 1961. La zone de production des Hautes Côtes de Nuits s’étend sur 21 communes (Arcenant, Bévy, Chaux, Chevannes, Collonges-lès-Bévy, Concoeur, Corboin, Curtil-Vergy, l’Etang- Vergy, Magny-lès-Villers, Marey-lès-Fussey, Messanges, Meuilley, Reulle-Vergy, Segrois, Villars- Fontaine et Villers-la-Faye, ainsi que les portions du territoire limitrophe délimitées sur les communes de Chambolle-Musigny, Flagey-Echezeaux, Nuits-Saint-Georges et Premeaux-Prissey.), sur les hauteurs de Gevrey-Chambertin jusqu’à Corton.

Le vignoble de cette dénomination se situe entre 300 et 400 m d’altitude, délimité à l’ouest par le relief de la côte et à l’est par la vallée de l’Ouche. Le substrat géologique est identique à celui du vignoble voisin, c’est du calcaire du Jurassique. Les sols sont argilo-calcaires due à l’altération de la roche-mère.

Le climat y est océanique frais avec des influences continentales plus marquées en automne et en hiver que sur la côte. Les hivers sont rigoureux avec des périodes de gel et de neige. Les influences méridionales sont plus faibles que sur la côte mais se font ressentir au printemps et en été. Les températures estivales restent faibles et notamment pour les maximales ce qui explique le décalage d’une semaine lors de la période des vendanges. Les deux tiers du vignoble sont implantés en vignes hautes et ceux notamment pour des raisons thermiques.

Les cépages Pinot Noir et Chardonnay jouent bien évidemment leur rôle de tête d’affiche mais pour la vinification des vins blancs un assemblage avec du Pinot Blanc est autorisés tout comme pour les vins rosés un assemblage de Pinot Noir et de Pinot Gris est autorisés.

Les caractéristiques organoleptiques des Hautes-Côtes-de-Nuits


Les vins blancs des hautes côtes ont un beau potentiel de garde qui varie de 2 à 8 ans. La robe est or. Le nez est floral avec des notes d’aubépine, de chèvrefeuille, d’orties mais il présente aussi des notes de pomme, de citron et de noisette. La bouche est équilibrée, structurée avec un léger gras.

Les vins rouges sont des vins de garde (3 à 10 ans). La robe est rouge pourpre. Le nez présente des notes de fruits rouges tels que la cerise et la framboise. On peut y retrouver des notes épicées comme celle de la réglisse et des notes florales. La bouche est structurée, les tanins sont présents et le retour aromatique puissant.

Avec quels mets déguster un Hautes-Côtes-de-Nuits ?


Les vins blancs s’accordent avec les plats régionaux tels que le jambon persillé ou les escargots. Ils conviennent aussi à du tarama, du poisson vapeur ou des crustacés. Le gras de ces vins leur permet de s’accorder avec du chaource, du comté affiné ou du roquefort. Pour les moins conventionnels un accord avec du foie gras pourra vous surprendre mais attendez que le vin est vieillit quelques années.

Les vins rouges conviendront à des viandes blanches et aussi à des viandes plus savoureuses comme l’agneau ou le canard. Les plats qui osent le mélange sucré/salé leur conviendront bien aussi. Leur accord avec un plateau de fromages crémeux est incontournable.

Les beaux millésimes des Hautes-Côtes-de-Nuits


Les millésimes de grandes qualités connues récemment pour les vins blancs des Hautes Côtes de Nuits sont 2002, 2004, 2005, 2006, 2010, 2012, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.

Les millésimes de grandes qualités connues récemment pour les vins rouges des Hautes Côtes de Nuits sont 2003, 2005, 2007, 2009, 2010, 2014 et 2015.

Les domaines de Hautes-Côtes-de-Nuits à découvrir


Nombreux sont les domaines de la côte à posséder des parcelles sur les hautes côtes et à produire des vins de qualité, on peut ainsi dénommer le domaine Mongeard-Mugneret, le domaine François Lamarche, le domaine Faiveley et tant d’autres.

L’inverse est plus rare mais il existe, le domaine David Duband en est la preuve. Installé à Chevannes au cœur des Hautes Côtes de Nuits, ce domaine exploite 17 ha en propre complété par l’achat de raisins à des viticulteurs de la région. Leur vignoble tout comme celui de leurs collaborateurs sont cultivés dans le respect des principes de l’agriculture biologique. L’objectif du domaine est d’obtenir des grands vins de Bourgogne qui exprime la complexité de leur terroir aussi bien sur les prestigieux terroirs de Chambolle-Musigny, Morey-Saint-Denis, Nuits-Saint-Georges, Vosne-Romanée que sur les terroirs des Hautes-Côtes-Nuits.

Le Domaine Hoffeman-Jayer a inspiré David Duband. Robert Jayer, père de Gilles Jayer, était le mentor de David Duband. Installé à Magny-lès-Villers, c’est en 1970, que l’histoire du domaine devient exclusivement viti-vinicole et que l’excellence des vins est reconnue. Le travail de Robert est poursuivi par Gilles Jayer et la réputation et l’excellence des vins ne fait que grandir. Pionné dans la valorisation des terroirs des Hautes Côtes de nuits et Hautes Côtes de Beaune, il a la volonté de respecter l’environnement, d’abord en appliquant une viticulture raisonnée et puis en allant plus loin dans la démarche de respect de l’environnement, des sols et du végétal. Actuellement repris par André Hoffeman, le domaine poursuit la philosophie de Gilles Jayer.

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