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Vins Saint-Émilion

Saint-Émilion, ville médiévale classée au patrimoine mondial de l'Unesco, compte deux appellations de vin rouge : Saint-Émilion et Saint-Émilion grand cru. Le vignoble s'étend sur 9 communes. À l'Est de cette ville, un plateau calcaire qui domine la Dordogne constitue l'aire d'appellation. Il est limité au Nord par la Barbanne. Voir plus

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L'appellation Saint-Émilion

L'appellation Saint-Émilion remonte à la Préhistoire.


Le vignoble de Saint-Émilion remonte à la Préhistoire, probablement au Paléolithique supérieur, entre 35000 à 10000 av J.C. C'est en 56 av J.C. que l'on trouve les première amphores de vin. La forêt est défrichée à cette époque afin de planter les premières vignes. Des cépages originaires de la région de Marseille sont greffés sur les pieds de vignelocaux. Des villas munies de fouloirs et cuves et ont été retrouvées, attestant que du vin avait été produit dans la région à ce moment-là.

En 97 après J.-C, l’empereur romain Domitius arrache la grande majorité des vignes afin d'éliminer la rude concurrence faite aux vins italiens. Ceci explique que l'expansion du vignoble ait été totalement stoppée à ce moment-là, et ce, jusqu'à la fin du IIIe siècle. Le nom de l'AOC lui a été donné au VIIIe siècle, en hommage à un moine du nom d'Émilion qui y résidait.

Ces vins somptueux produits à Saint-Émilion ont vite été remarqués par Louis XIV qui les surnommait « Nectar des Dieux ». D'ailleurs, on peut toujours voir dans la Cour d'honneur au Château de Versailles une statue de Louis XIV portant l'inscription : « Saint-Émilion, nectar des Dieux ».

Le premier syndicat viticole français a été fondé en 1884, le Conseil des vins de Saint-Émilion, qui définit un classement spécifique pour les vins de l'AOC. L'Appellation d'origine contrôlée, ainsi que son cahier des charges, sont validés en 1936. S'y ajouteront en 1954 trois nouvelles AOC : Saint-Émilion Grand Cru, Saint-Émilion Grand Cru Classé et Saint- Émilion Premier Grand Cru Classé.

En 1948, un contrôle qualité donne lieu à un nouveau classement, deux années plus tard, en 1950. En 1952, il est réglementé avec l'INAO et sera définitivement ratifié en 1955. Il est révisé tous les 10 ans, ce qui est une garantie supplémentaire de la qualité exceptionnelle des vins de Saint-Émilion. Le classement de 2012 est le 6e en date. En tête du palmarès : 64 grands crus classés sur 82 propriétés, et 18 premiers grands crus classés.

Le vignoble de Saint-Émilion est classé au Patrimoine mondial de l’humanité


L'appellation Saint-Émilion, située dans le Libournais, longe la rive droite de la Dordogne. Elle s'étend sur 5.600 ha et produit en moyenne 235.000 hl/an de vins rouges. Il faut bien distinguer l'AOC Saint-Émilion des appellations Saint-Émilion grand cru, grand cru classé et premier grand cru classé. Les critères de qualité et les cahiers des charges sont différents pour chacune d'entre elles. La ville de Saint-Émilion est un véritable joyau du Libournais, ce qui lui vaut un classement au patrimoine mondial de l’humanité par l'Unesco.

Le microclimat océanique et tempéré garantit des précipitations réparties sur toute l'année et des étés chauds et secs, ce qui est idéal pour la vigne. La proximité des deux rivières L'Isle et la Dordogne, permet de tempérer les amplitudes thermiques annuelles qui restent plutôt modérées.

On trouve quatre types de sols à Saint-Émilion : les sols calcaires, argilo-calcaires, sablo-argileux de pieds de côtes, les sols de graves. Les sols calcaires permettent, en absorbant l'eau des intempéries, des remontées capillaires qui alimentent la vigne. Les sols argilo-calcaires permettent d'emmagasiner l'eau lorsque les intempéries sont importantes et de la restituer une fois l'été venu, assurant une alimentation hydrique constante tout au long de l'année. Au pied des coteaux, les sols sablo-argileux autorisent un enracinement profond. L'eau peut ainsi rejoindre les couches profondes du sol, mais l'argile en sous-sol la retient et la restitue quand c'est nécessaire.

Datant du Quaternaire, les graves, qui reposent sur les alluvions de l’Isle et de la Dordogne, absorbent rapidement la chaleur, néanmoins, l'eau peut venir à y manquer durant l'été, et ces zones peuvent s'assécher lors des étés très chauds. Il existe également des sols très argileux au Nord-ouest de Saint-Émilion.

L'encépagement est fait à 60  % de merlot, associé à du cabernet franc et du cabernet-sauvignon. Comme de nombreux vins de la région, les Saint-Émilion présentent une robe rubis, brillante, avec des reflets violacés. Le nez s'ouvre sur des notes de fruits rouges, groseille, fraise, framboise, tandis que le deuxième nez, plus marqué, offre des notes aromatiques d'épice, de pin, de torréfaction, de cèdre, de cacao, de grillé. L'attaque est puissante, la matière est fine, les tanins sont bien présents et fermes et la mâche est veloutée et suave.

Un vieillissement en cave d'une dizaine d'années pourra lui conférer des arômes de sous-bois et de truffes. Pour les années exceptionnelles, le vieillissement peut aller jusqu'à 30 ans. Ils s'accordent merveilleusement avec toutes les viandes, mais particulièrement avec le gibier, les plats au foie gras, une belle côte de bœuf ou une volaille. On les dégustera à 16°C, avec un carafage préliminaire de deux heures.

2005 est le cru du millénaire pour les Saint-Émilion


Saint-Émilion a fourni bon nombre de vins d'exception au cours de ces dernières décennies. Les derniers grands millésimes en date sont 2004, 2006 et 2010. 2009 a été sacrée millésime du siècle, elle fut en général une très grande année pour les Bordeaux. Mais c'est l'année 2005 qui a obtenu la distinction de cru du millénaire.

Saint-Émilion régorge de domaines à découvrir

Château Flouquet Invictus:

À cheval sur les communes de Saint-Sulpice-de-Faleyrens et de Saint-Émilion, ces 12 hectares de vignes qui constituent le domaine produisent des vins sous les appellations Saint-Émilion et Saint-Émilion grand cru. David Bernard a repris le château Flouquet créé par son grand-père Christian Bernard au siècle dernier. Ces sols argilo-sableux sont travaillés de manière éco-responsable. Un labourage traditionnel par oxygénation permet de mettre en valeur les arômes de cette terre d'exception.

Une technique qui consiste à casser le système racinaire afin de le faire descendre plus profondément, permet de marquer encore plus la personnalité de ces vins en faisant remonter les goûts et les arômes du terroir. C'est avec un mélange de savoir-faire traditionnel et d'innovation que David Bernard amène ses vins à exprimer pleinement leur identité.

Château de la Cour:

C'est en 1994 que la famille Delacour acquiert le Château la Rouchonne, qu'elle renomme le Château de la Cour. Le blason de la famille figure sur les bouteilles du domaine avec la devise « Honneur y gist », une tête de chevalier et trois cœurs d’argent sur fond azur. Des parcelles aux caractéristiques très différentes, en termes de micro-climat, porte-greffe, cépages permettent des assemblages très originaux.

Le vignoble s'étend sur 5 hectares de sols gravelo-sableux riches en fer et cinq hectares de croupes gravelo-sableuses avec sous-sol d'argile. L'encépagement est fait à 90 % de merlot, ce qui est rare pour les vins de l'AOC, et de 10 % de cabernet franc. Le domaine a remporté de nombreuses médailles au concours des Vignerons indépendants de ces dernières années, notamment en 2017 et 2016.