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Vins Saint-Émilion Grand Cru

L'appellation Saint-Émilion grand cru est répartie sur 9 communes du Libournais et s'étend sur huit kilomètres en longueur et cinq kilomètres en largeur à l'Est de Libourne.Elle diffère des autres AOC Saint-Émilion par son cahier des charges, mais couvre le même territoire. Il a été inscrit en 1999 au patrimoine mondial de l'Unesco. Voir plus sur Saint-Émilion Grand Cru

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L'appellation Saint-Émilion Grand Cru

Le Saint-Émilion Grand Cru est le premier syndicat viticole français


Le vignoble de l'aire Saint-Émilion existait déjà au Ier siècle av J.C. Les ordres religieux ont largement développé les vignobles et contribué à leur essor. Au XIIc siècle, le mariage d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri Plantagenêt, permet un commerce du vin florissant vers l'Angleterre, administré par la Jurade de Saint-Émilion (confrérie des vins de Saint-Émilion créée en 1199 par Jean Sans Terre, roi d’Angleterre). Elle poursuit son expansion jusqu'à la crise du phylloxera, à la fin du XIXc siècle, qui frappe l'ensemble des vignobles français.

En réaction à la crise, un syndicat viticole est créé, le premier du genre, en 1884. Enfin, le premier classement des vins de Saint-Émilion est validé en 1955. Il est révisé tous les 10 ans, et offre ainsi une garantie de la qualité exceptionnelle de ces vins. Le classement de 2012 est le 6e en date. En tête du palmarès : 64 grands crus classés sur 82 propriétés, et 18 premiers grands crus classés.

Le Saint-Émilion Grand Cru a un cahier des charges très exigeant


Partageant son aire d'appellation avec Saint-Émilion, l’AOC Saint-Émilion grand cru longe la Dordogne sur sa rive droite. Néanmoins, son cahier des charges est plus strict : son rendement est limité à 40 hectolitres par hectare, la maturité des raisins doit être plus élevée et un élevage de 12 mois est obligatoire. Les vins doivent être mis en bouteille à la propriété et une double dégustation est la règle. Selon le classement de 1855, qui est révisé tous les 10 ans pour les appellation Saint-Émilion, l'appellation compte deux grands crus classés A, et 11 crus classés B. Des galeries creusées dans le calcaire sous l'aire d'appellation, utilisées comme chai, offrent des propriétés idéales, elles permettent de maintenir le vin à des températures entre 12° et 16°.

Le climat du vignoble est tempéré océanique, doux et humide. Les sols sur lesquels il repose datent du Tertiaire et du Quaternaire. Le sous-sol est composé de roches sédimentaires marines surmontées de dépôts d'argile, qui s'y déposent 35 millions d'années avant notre ère. Puis des dépôts marins forment le plateau calcaire qui recouvre une partie du Libournais et notamment le calcaire à astéries qui abrite les fameux chais de Saint-Émilion. À l'Est, et au centre du plateau, on trouve une alternance de sols sablo-argileux et graveleux, argilo-limoneux et sablo-graveleux.

Saint-Émilion grand cru repose sur 4.030 hectares de sols calcaires, argilo-limoneux et sableux. C'est le merlot qui domine amplement les assemblages. Mais le cabernet franc et le cabernet-sauvignon sont également de la partie. L'appellation produit chaque année environ 150.291 hectolitres de vin rouge par an.

La robe des Saint-Émilion grand cru a des reflets rubis teintés de grenat. Le nez est plus complexe que celui des Saint-Émilion, et également plus fin. Il s'ouvre sur des notes de fruits rouges, de pruneau, de pivoine. Il se dévoile progressivement, offrant petit à petit des notes d'élevage, de fève de cacao, de grillé, d'amande, de cèdre et de bois de santal.

En bouche, il est très dense, les tanins sont fins et profonds avec du grain, la matière est souple et la finale est très longue. Ils ont un potentiel de garde exceptionnel, plus de 50 ans pour certains grands crus. On les déguste avec des mets raffinés et très typés comme du gibier, des plats au foie gras ou à la truffe, des mets agrémentés de cèpes. Un carafage préalable est fortement recommandé. Il est servi préférablement à 16°.

Le millésime 2005 est le cru du millénaire pour les Saint-Émilion Grand Cru


L'appellation s'illustre par un grand nombre de millésimes. Les années 1929 et 1982, particulièrement exceptionnelles ont obtenu la distinction de millésime du siècle. Et sacrées meilleures entre toutes, les années 1990 et 2005 sont désignées comme crus du millénaire. Néanmoins, 2004, 2006, 2008 et 2010 sont également considérées comme d'excellentes années.

Saint-Émilion Grand Cru, des châteaux à la renommée séculaire

Le château Figeac

Son existence date environ du IIe siècle avant J.C. C'est le plus grand domaine de Saint-Emilion avec 54 hectares, dont 40 de vignes. En bordure de Pomerol, le vignoble en appellation Saint-Émilion est classé premier grand cru classé B dans le classement de 2006. C'est un des rares vignobles de l'appellation reposant sur des graves, ce qui lui permet d'avoir un bon drainage. Son encépagement aussi est différent de celui des autres domaines de l'AOC, avec une prédominance de cabernet-sauvignon à 35  %, de cabernet franc à 35 % et de merlot à 30 % seulement.

On note une particularité pour les parcelles du Château Figeac. Effectivement, partagée avec celles du Château Cheval Blanc, Château Figeac se différencie par son sol majoritairement formé de graves günziennes, permettant un bon drainage. Le domaine pratique la culture raisonnée et le vin vieillit en barriques neuves à 100  %. Son dernier grand millésime en date est l'année 2014.

Château Angélus

Jean de Boüard de Laforest s'installe au château Angélus en 1782. Les propriétaires actuels, Stéphanie de Boüard-Rivoal et son cousin Thierry Grenié-de Boüard, sont ses descendants directs, issus d'une longue lignée de vignerons. Le vignoble de 39 hectares, dont 27 classés en premier grand cru classé A, possède un encépagement inhabituel, avec presque 50 % de cabernet franc. Grand cru classé A lors du dernier classement de Saint-Émilion en 2012, le travail acharné de Hubert de Boüard, a porté ses fruits. Thierry Grenié-de Boüard prend sa suite en 2017 et rejoint Stéphanie de Boüard-Rivoal à la tête du château.

Angélus illustre le meilleur de la perfection formelle et sophistiquée des grands bordeaux d’aujourd’hui. C'est une transition réussie puisque le domaine n'a cessé d'accumuler les millésimes au cours des dernières années.

Château Cheval Blanc

L'existence de vignobles à Cheval Blanc est attestée dès le XVe siècle. Mais le domaine prend réellement son envol en 1832, lorsqu'il est racheté par Jean-Jacques Ducasse, président du tribunal de Libourne. Sa fille Henriette épouse ensuite Jean Laussac-Fourcaud, négociant en vins à Libourne, qui va contribuer à définir l'identité du domaine. Il s'engage dans des travaux de rénovation et crée un réseau de drains muraillés et couverts.

Il entreprend vers les années 1860 un changement dans l'encépagement qui est désormais fait pour moitié de merlot et pour moitié de cabernet franc. Lors du classement des vins de Saint- Émilion en 1954, Saint- Émilion obtient le classement de Premier Grand Cru classé A, une consécration !